Mrauk U, joyau caché de l’Etat rakhine

Quitter Bagan et se taper 15 heures de bus pour visiter un autre site couvert de temples? Après presque un mois passé au Myanmar, le pays des pagodes? L’idée peut paraître masochiste, ou du moins saugrenue. Mais c’est sans compter le charme et la tranquillité de Mrauk U (prononcer « mia-ou », comme les chats, même si paradoxalement, il n’y en a pas un, de chat), bourgade de l’Etat rakhine.

Imaginez une petite ville, parsemée de plans d’eau, de rivières et de collines. Rajoutez-y des temples aux dizaines de stupas noirs en forme de cloche, une campagne alentour fertile et animée et vous obtenez un lieu de villégiature quasi-incontournable.

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Pourquoi aller à Mrauk U? Voici trois raisons:

  1. la tranquillité du lieu. Mrauk U se trouve loin des circuits touristiques traditionnels. Bagan est à 15 heures de bus. L’aéroport le plus proche, celui de Sittwe, est à 5h de route. La ville est d’autant plus calme que la région est déconseillée, à tort, par de nombreuses ambassades. La frontière de l’Arakan, où les Rohingyas sont malmenés par l’armée birmane, se trouve à 60 kilomètres. Conséquence de cette situation, le lieu n’a vu que 1500-2000 visiteurs en 2017 d’après les locaux, contre 5000 en temps normal.lever détails
  2. l’originalité des temples: À Mrauk U, les pagodes sont radicalement différentes de celles qu’on observe ailleurs dans le pays. Leur forme de cloche noire tranche  avec l’or et le blanc que l’on observe partout ailleurs dans le pays. À l’intérieur, d’étroits couloirs zigzaguent entre sculptures et bas-reliefs gravés dans la même roche, remarquablement conservés en comparaison de ce qui s’observe par exemple à Bagan.coucher stupa
  3. la beauté des alentours: une excursion appréciée est celle qui mène dans les villages chin, minorité ethnique dont les femmes les plus âgées ont le visage recouvert de tatouages. Vous trouverez aisément un guide pour vous y mener.
    Pour ma part, j’ai longuement hésité à participer à une telle expédition. J’avais peur, en me rendant là ou « tous » les touristes vont, de me retrouver dans une sorte de zoo, où les gens insistent pour que vous les preniez en photo. Je suis conscient que le peu d’argent demandé contre une photo représente un gagne-pain pour cette minorité ethnique, mais cette manière de faire ne me correspond pas tellement.
    Le gérant de mon hôtel (le relativement bon Prince Hotel) m’a donc montré comment atteindre des villages chin par mes propres moyens. 1h30 de vélo sur des routes chaotiques, 30 minutes de marche entre jungle et bananeraie et une traversée en bateau passée à écoper plus tard, me voilà dans un village situé hors des circuits touristiques.
    J’y vois certes une ou deux femmes avec ces fameux tatouages. Mais là n’est pas l’essentiel. Quel plaisir de marcher dans ces petites rues de terre battue en saluant tout le monde, sourire aux lèvres. Au final, ma présence se révèle même être une attraction. Surtout pour les enfants, intrigués et un peu craintifs à la vue de l’étrange barbu blanc que je suis. Même les quelques bonbons distribués à ma demande par la « kiosquière » du coin, ne suffisent pas à apaiser leurs craintes.

 

 

 

 

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