Trois jours dans la jungle laotienne

Jai découpe rotin
Jai débite un morceau de rotin. En-dessous des épines, le cœur est comestible.

«Barbecue! Barbecue!». Comme la plupart des locaux, Jai (prononcez « djey ») considère que tout animal qui vit dans la jungle mérite potentiellement un passage sur le gril.

Nous en sommes à notre deuxième jour de marche (sur trois) dans la forêt de Nam Ha, une jungle protégée, située à proximité de Luang Namtha, au Nord du Laos.

Jai, c’est notre guide. Il vient de la région de Phongsaly, un peu plus au Nord. Et la bête qui le fait saliver est un des nombreux oiseaux que l’on entend chanter.

Les deux porteurs indigènes qui nous accompagnaient hier seraient certainement déjà passés à l’acte, s’ils avaient poursuivis la route avec nous. D’ailleurs, à cette heure-ci, ils doivent être en train de vérifier si un gros rat ou une poule sauvage n’est pas tombé dans un des pièges qu’ils ont posé la veille. D’ailleurs Jai, comment ils les chassent les oiseaux les locaux? « Avec des armes à feu », répond le guide. Au moins, nous voilà prévenus.

Au milieu des bambous.JPEG
Dans la zone protégée de Nam Ha, la forêt est essentiellement composée de bambous. Impressionnant!

Il semble important de préciser que les minorités ethniques du Nord du Laos restent de ferventes adeptes de la chasse. Question de survie, faute de source de revenus, on mange ce que l’on trouve à proximité. Le problème, c’est qu’à force, la faune a perdu de sa diversité dans les alentours. Tigres, singes, panthères nébuleuses et autres ours malais ont fui vers des terres moins inhospitalières pour eux. Aux confins de la frontière chinoise, là où leurs prédateurs humains peinent à les atteindre.

Conséquence positive: « il n’y a aucun animal dangereux dans cette forêt », rassure Jai. Pas un serpent mortel, pas une tarentule… Dommage! Un peu d’adrénaline n’aurait pas fait de mal. Deux jours que l’on marche entre les bambous, en haut, en bas, parfois par-dessus un ruisseau. Et à part quelques poules sauvages et des oiseaux, on n’a rien vu, rien entendu…

Heureusement, Jai en connaît un rayon en ethnobotanique. Cette feuille qu’il vient de cueillir? Infusée, elle sert de remède pour soigner les maux de ventre. Cette racine qu’il vient de déterrer? Du galanga, un cousin du gingembre. Et forcément, on déguste.

Jai cuisine
On prépare la soupe directement à l’intérieur du bambou.

Ça n’est pas pour rien si les types comme lui sont capables de survivre une dizaine de jours dans la jungle. Car lorsque l’on sait où chercher, on y trouve de tout. À commencer par l’eau, contenue dans certains bambous, et même certaines branches. La nourriture elle aussi existe en profusion. Fruits ou noix, il y en a pour tous les goûts. La veille encore, Jai nous a concocté une délicieuse soupe de porc agrémentée de cœurs de bananier et de rotin cueillis durant la journée. Un régal!

Tout ça serait impossible sans un outil précieux: la machette. D’ailleurs, notre guide ne semble pas réellement impressionné par la lame d’une trentaine de centimètres, qu’il utilise, tant pour couper des branches qui occupent le chemin, que  pour tailler des baguettes dans un bambou. Le tout avec une certaine dextérité!

Tu souhaites toi aussi te lancer dans un trek dans la jungle? Découvre mes cinq conseils.

 

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