Partir au Laos: conseils pratiques

Le Laos, c’est la tranquilité. Les paysages aussi. Ceux du plateau des Boloven et de ses plantations, des plaines entrecoupées de monts basaltiques et des montagnes du Nord. Le Laos, c’est le Mékong aussi. Le Laos, surtout, c’est les gens. Si souriants. Si amicaux. Même si parfois leurs manières peuvent paraître un peu rudes (surtout quand ils sont occupés).

Un proverbe dit que les Vietnamiens sèment le riz, que les Cambodgiens le regardent pousser et que les Laotiens l’écoutent. Ici, soyez prêts à profiter du temps qui passe.

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Une immense plaine s’étend à l’entrée de la Konglor Cave, point d’orgue du “Loop”.

 

Pourquoi partir au Laos?

Le Laos a su garder son authenticité. Si leur civilisation n’a jamais dominé l’Asie du Sud-Est, contrairement à celle de leurs voisins, les Laotiens ont su préserver une culture qui leur est propre. Dans ce pays, vous perdrez la notion du temps et (ré)apprendrez à profiter des délicieux moments de la vie.

 


Où partir au Laos?

Qu’est ce qui est incontournable au Laos? Voilà une question à laquelle je ne saurais répondre. Sachez simplement que si vous allez au Laos, ça n’est pas pour enchaîner des monuments dans une même journée. Non pas qu’il n’y ait rien à faire. Mais parce que chaque destination est une invitation à se ressourcer.

Prenez les 4000 îles ! Les chutes d’eau qui les rythment valent certes le détour. Mais que faire après les avoir visitées? Sera alors venu le moment de profiter pleinement du Mékong, assis sur une terrasse, ou de faire du vélo au milieu des champs.

Et Luang Prabang alors ? Cette ville remplie de temples, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Oui, comme ailleurs, vous allez les visiter ces temples. Et certainement aussi les chutes d’eau de Kuang Si et leurs merveilleuses eaux émeraude. Mais surtout, n’oubliez pas de découvrir son centre-ville et ses maisons coloniales françaises magnifiquement préservées, occupées par des restaurants et boutiques tous plus charmants les uns que les autres.

Non, on ne visite pas le Laos pour un site en particulier. Mais pour une ambiance, des paysages, les gens.

Je ne saurais vous faire une liste de où aller. De mon itinéraire, il n’y a que deux étapes que je ne recommande pas forcément: Vang Vieng, trop festive, malgré des environs attrayants, et Luang Namtha, où j’ai réalisé un trek dans la jungle. Pour le reste, vous pouvez foncer: les 4000 îles, ou le bonheur reposant de vivre au milieu du Mékong; le Pakse Loop et la découverte du plateau des Boloven et de ses cascades; le Thakek Loop, ses magnifiques paysages et l’immense caverne de Konglor, et enfin Luang Prabang et son charme colonial.

D’ailleurs, voici ma carte : les lieux incontournables sont en vert, les recommandés en bleu, et ceux que vous pouvez facilement éviter en orange.

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Le Loop offre des paysages saisissants, à l’instar du lac de retenue Nam Theun 2.

 


Les indispensables

Visas : Le visa laotien s’obtient à l’arrivée. Les ressortissants de certains pays, comme la Suisse, en sont dispensés s’ils restent moins de 15 jours. Autrement, le prix varie en fonction de votre passeport. Une trentaine de dollars pour les détenteurs d’un passeport européen ou suisse, 42$ si vous avez le malheur d’être Canadien.

Douanes: Je n’ai rencontré aucun problème particulier à la douane. Même en entrant sur le territoire en passant par la frontière terrestre avec le Cambodge. Sachez toutefois que ce point de passage a mauvaise réputation. Le temps d’attente semble dépendre de qui travaille le jour de votre arrivée. C’est en général vrai pour la plupart des frontières terrestres en Asie du Sud-Est.

Overstay: Si vous dépassez la date-limite de votre visa, vous devrez payer une taxe de 10$ par jour supplémentaire lors de votre départ. Soyez donc bien attentifs! Si vous souhaitez rester plus longtemps que prévu, il est possible de demander une rallonge pour 2$ par jour. À condition de le faire suffisamment à l’avance, à Luang Prabang, Vientiane, Pakse ou Savannakhet.

 

Argent : Au Laos, la devise nationale est le kip laotien. À certains endroits, vous pourrez toutefois assez facilement utiliser des dollars américains, voire même, des bahts thaïlandais.

Attention ! Le système bancaire laotien est de loin le moins performant de ceux que j’ai eu l’occasion de tester en Asie du Sud-Est. Si l’on trouve beaucoup de distributeurs automatiques de billets, tous n’acceptent pas les cartes internationales. Veillez donc à toujours avoir une réserve de cash à disposition. Ce d’autant plus que tous les bancomats qui annoncent accepter les cartes internationales ne le font pas nécessairement. Visez de préférence les machines de la Banque pour le Commerce Extérieur Lao public (BCEL) ; si elles ne sont pas en panne, vous pourrez retirer de l’argent sans problème.

 

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Sur les routes secondaires, il arrive de faire des rencontres vaches.

Transports : Au Laos, on voyage aisément en bus ou en van entre les villes principales. Les distances étant généralement longues, et le trafic dense sur les axes principaux, n’hésitez pas à privilégier les bus de nuit. Ce sera pour vous l’occasion de découvrir une particularité locale: des véhicules sans place assise, mais uniquement des lits. De quoi passer une nuit remué de droite à gauche et… les jambes repliées si vous faites plus de 1m70.

Attention aux horaires! Ne prenez pas pour dit l’heure d’arrivée que l’on vous donne. Il m’est arrivé d’être débarqué au milieu de la nuit, alors que le trajet était censé durer trois heures de plus. Réservez directement votre ticket à votre hôtel. Vous peinerez à le faire directement à la station de bus, tellement les locaux parlent peu anglais.

Les trajets qui nécessitent un changement de véhicule peuvent être perturbants. Vous constaterez que les Laotiens ne sont pas les champions de l’information aux touristes. Mais ne vous inquiétez pas, si vous indiquez clairement votre destination et que vous restez dans les environs, on ne vous oubliera pas et on vous indiquera, le moment venu, dans quel véhicule monter.

 

Électricité : Rien ne vaut un bon adaptateur universel lorsque l’on part en voyage. Dans les faits, vous en aurez rarement besoin, car la plupart des logements ont des prises adaptées. Mais on ne sait jamais!

 

Internet : Le réseau mobile est relativement bien développé au Laos. Vous n’aurez normalement aucun problème à accéder à Internet tant que vous restez dans des centres urbains. Dans la jungle, c’est différent 😉 En revanche, on ne peut pas en dire autant pour les WiFi dans les hôtels, généralement médiocres. Si vous avez besoin d’un accès élargi à Internet, je vous recommande de prendre une carte SIM locale pour un mois (avec données illimitées).

 


Manger, dormir, se déplacer

Se déplacer

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La pirogue à moteur: un indispensable dans un pays parcouru par le Mékong.

 

Taxi : En guise de taxi, vous trouverez partout des tuk-tuk ou des motos-taxis. Généralement bon marché, n’oubliez pas de demander le prix à l’avance. Sachez que les Laotiens se sont pas trop du genre à marchander. Et n’oubliez pas que les économies dérisoires que vous ferez représentent un petit montant pour les locaux.

Moto : S’il y a un moyen de transport qu’il faut tester au Laos, c’est bien la moto. Routes secondaires désertes, paysages magnifiques et variés: ce pays est un paradis pour les deux-roues. Deux boucles sont particulièrement réputées auprès des touristes. La plus connue, le Thakhek Loop, dans le Centre, se fait en quatre jours minimum. L’autre, dans le Sud, sur le Plateau des Boloven depuis Pakse, se parcourt en trois journées minimum, (quatre pour profiter davantage).

Le Nord du pays et ses routes de montagne raviront certainement aussi les fans de motos. Personnellement, j’ai regretté de ne pas avoir mon propre véhicule pour faire le trajet de Vang Vieng jusqu’à Luang Prabang puis Luang Namtha. Partout où les touristes ont l’habitude de se rendre, vous trouverez généralement une agence qui loue des deux-roues sûrs et bien entretenus.

Comment conduire au Laos?

Si les routes secondaires laotiennes sont relativement désertes, ça n’est pas le cas de l’axe principal Nord-Sud et des voies transversales vers le Vietnam. Sur ceux-ci, les camions, relativement nombreux, représentent un danger non-négligeable. Apprenez à anticiper lorsque l’un d’entre eux vous dépasse. Avec leur taille et la distance à laquelle ils passent, l’appel d’air peut vous surprendre et vous mettre en difficulté. Ralentissez donc lorsque vous entendez un poids lourds approcher.

Comme au Cambodge, certains conducteurs ont la fâcheuse tendance à dépasser sans tenir compte de ce qui vient en face. Soyez prêts à freiner sec ou vous décaler légèrement. Heureusement, le trafic est ici beaucoup moins dense que chez le voisin!

Depuis 3-4 ans, la majorité des routes laotiennes sont goudronnées. Mais attention ! Cela ne signifie pas nécessairement qu’elles sont toutes en bon état. Sur certaines portions, il vous faudra être capable d’anticiper ou d’éviter les nids de poule. Comme partout, adaptez donc votre vitesse à la visibilité.

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Clou final du Thakhek Loop, la Konglor Cave se visite en bateau.

 

Vélo: Je ne le répèterai jamais assez, mais le vélo est un superbe moyen de découvrir la vie des locaux, surtout en dehors des grandes agglomérations. Les 4000 îles se portent particulièrement bien à sa pratique, tellement le vélo correspond au rythme de vie des locaux. Les alentours de Vang Vieng se prêtent eux aussi à de belles ballades en bicyclette. Ailleurs, les reliefs ou les distances, vous couperont certainement l’idée. Vous pouvez éventuellement attaquer la trentaine de kilomètres entre Luang Prabang et les Kuang Si Falls. À condition d’être prêt à enchaîner les bosses et à affronter les vans et autres tuks-tuks transportant des touristes.

Bateau: Le Mékong coule tout le long du Laos. Autant vous dire qu’il est inévitable que vous montiez sur un bateau. Toutefois, il n’existe pas, à ma connaissance, de service entre les villes. Le courant est souvent trop fort pour permettre aux embarcations de le remonter.

Pour atteindre une des 4000 îles, vous monterez certainement dans un bac ou une pirogue à moteur. Si vous restez à Luang Prabang, je ne peux que vous conseiller de traverser le fleuve pour vous rendre au jardin ethno-botanique Pha Tad Ke, un petit paradis sur terre (et instructif en plus !).

 

Se loger

Vous n’aurez normalement pas de peine à vous loger au Laos. Comme ailleurs en Asie du Sud-Est, vous vous rendrez rapidement compte qu’il existe une sorte de séparation entre les établissements fréquentés par les touristes asiatiques et occidentaux. Pensez à réserver quelques jours en avance si vous vous rendez à Luang Prabang, notamment pendant les périodes très fréquentées, comme le Nouvel An lunaire. Au risque de galérer pour trouver un lit. Globalement, ne vous attendez pas à vivre dans le grand luxe, à l’exception de Luang Prabang et certainement de Vientiane, où vous pourrez vous laisser tenter par des établissements un peu plus confortables.

 

Se nourrir

La gastronomie laotienne ne devrait pas vous marquer éternellement. Deux spécialités méritent toutefois votre attention : la salade de papaye et le lâap, une salade composée de viande hachée et coriandre (notamment). Attention cependant avec la première. Elle est généralement très relevée, surtout dans les cantines moins habituées à accueillir des touristes. Vous voilà avertis!

Contrairement aux pays voisins, les laotiens ne mangent pas le riz à la vapeur, mais agrémente tous leurs repas de riz gluant. Tradtionnellement, ils l’utilisent pour en faire des boules avec la main et se servent dans les plats d’accompagnement présents sur la table. Pour avoir testé, pendant trois jours dans la jungle un régime à base de cet ingrédient, trois fois par jours, je peux vous confirmer que c’est très nourrissant.


Le Laos n’est plus un paradis des drogues, mais…

Il fut un temps ou Vang Vieng était considéré comme un petit paradis de la drogue. Un certain nombre d’Occidentaux s’y arrêtaient et se laissaient descendre le long de la rivière sur des bouées, s’arrêtant à différents bars pour se saoûler, fumer et plus encore. Le nombre de décès lié à cette activité étant devenu quasiment épidémique, les autorités ont décidé, il y a 7-8 ans, de faire le ménage. Si le « tubing » existe toujours, la police veille. Vous faire attraper un joint à la main peut vous coûter cher. Si la sanction maximale et potentiellement une peine de prison, dans les faits, il vous faudra rapidement débourser 2500 €. À moins que vous vouliez tester le système carcéral laotien.

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Le meilleur moyen de s’envoyer en l’air à Vang Vieng reste la montgolfière.

Cette interdiction générale souffre quand même d’une certaine hypocrisie, puisque deux établissements de Vang Vieng sont toujours autorisés à accueillir les fumeurs de cannabis. Vous y trouverez même des spécialités telles que le space cake et un shake aux champignons hallucinogènes. Des « mets » qui sont aussi très répandu dans les 4000 îles. Ne vous étonnez donc pas de constater que beaucoup de jeunes occidentaux tout juste majeurs (anglophones pour beaucoup) voyagent au Laos pour faire leurs petites expériences.

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